Le 18 juin 2019, Mark Zuckerberg a annoncé son ambition de mettre en circulation une nouvelle crypto-monnaie « Libra » qui sera un stablecoin. Il a déjà réuni une vingtaine de partenaires autour du projet dont Iliad, Paypal, Visa, Mastercard, eBay, Spotify AB, Uber Technologies…

Plusieurs Etats se sont d’ores et déjà positionnés sur le sujet.

Parmi eux, certains se sont montrés hostiles au projet lancé par Facebook :

  • Chine : la censure de Facebook depuis 2009 et la mise en place de sa propre monnaie numérique nationale constituent des freins majeurs à toute perspective de développement de la Libra dans ce pays

  • Inde : malgré l’omniprésence de Facebook dans ce pays (300 millions d’utilisateurs actifs), les crypto-monnaies demeurent aujourd’hui illégales en Inde

D’autres États ont montré une forme de réticence en dépit d’une politique libérale :

  • États-Unis : le président Trump a exprimé dans une série de tweets sa volonté de défendre la souveraineté du dollar contre la possible menace que constitue Libra

  • France : le ministre de l’économie Bruno Le Maire a montré sa détermination à faire en sorte que « la Libra ne devienne pas une monnaie souveraine qui pourrait concurrencer la monnaie des États »

Enfin, à l’heure actuelle, seule la Suisse a montré son enthousiasme pour le lancement de la Libra. Qualifiée de véritable « crypto-nation », elle accueille le siège de l’association Libra.

libraCarte

Récemment, les membres du G7 finances réunis les 17 et 18 juillet 2019 à Chantilly ont indiqué vouloir « agir rapidement » face à la menace que Libra pourrait représenter pour leur souveraineté monétaire : « il y a des règles financières que les Etats souverains se sont imposées (…) et qui doivent être respectées par tous ». 

Etats, banques centrales et banques commerciales se sentent manifestement menacés par le projet Libra. La vivacité des positions en dit long sur le potentiel de Libra. 

Du côté de Facebook, David Marcus, responsable du projet Libra, a tenté de rassurer les  sénateurs  américains en précisant que « Facebook n’offrira pas la monnaie numérique Libra avant d’avoir répondu à toutes les inquiétudes sur la réglementation et d’avoir reçu toutes les autorisations appropriées », délai évalué aujourd’hui à plus d’un an.

Ginestié Magellan Paley-Vincent vous apportera un éclairage régulier sur l’évolution du projet Libra.

 

Philippe Ginestié, Céline Zhuo et François Jullienne